« La Vue », titre original choisi par l’éditeur Alphonse Lemerre en 1903, inclut également « Le Concert » et « La Source ». Bien que les trois textes décrivent trois objets radicalement différents, ils répondent tous à la même contrainte : une description microscopique et obsessionnelle de micro-images fixes. (Source : OpenEdition Books)
Le titre « La Vue » ne désigne donc pas seulement le premier poème, mais sert de métaphore globale pour le dispositif de tout le livre. Les trois poèmes sont trois « vues ». Le titre initial englobe parfaitement le projet total : l’exploration absolue du champ visuel et de la description littéraire poussée jusqu’au vertige. (Source : TV5 Monde)
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Pourquoi donc lire ce livre ?
[« La Vue »] c’est l’en-tête d’un papier à lettres, l’étiquette d’une bouteille d’eau d’Évian, ce qu’on voit dans la petite lentille d’un porte-plume souvenir acheté au bazar. Tout ceci en alexandrins. Le langage est posé à plat sur les choses ; méticuleusement, il en parcourt les détails, mais sans perspective ni proportion ; tout est vu de loin, mais par un regard si perçant, si souverain et si neutre que même l’invisible y fait surface dans une seule lumière immobile et lisse.
Le Monde, 22 août 1964, Michel Foucault
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Pourquoi avoir édité ce livre ?
Attelé à rédiger l’anthologie Traces de voyageurs, j’apprends que Raymond Roussel déchargeait le contenu du coffre de sa Rolls Royce, lors de son étape de Lyon, dans celui d’une autre voiture aux mêmes initiales – RR – avant de poursuivre vers la Côte d’Azur. L’anecdote m’a mené de façon magnétique à la librairie des Ecoles, téléguidé – je vous assure – jusqu’au rayon d’où j’ai tiré au hasard le livre à la couverture rouge que Jean-Jacques Pauvert avait édité en 1964 : La Vue.
Dès lors, j’emportais à chaque transport ce compagnon de route. Partout. Hélas, son format m’empêchait de le glisser dans ma poche. Trop triste de voyager seul, je n’eus pas la patience d’attendre que le texte soit libre de droits pour le rééditer. Pauvert me dit : « Voyez avec [l’éditeur] Les Belles Lettres, je leur ai tout vendu. » Puis l’illustrateur Maja, qui signera la couverture, me conseilla de placer au gré du texte plusieurs dessins pour faciliter l’embarquement des lecteurs, passerelles d’accès aux scènes imaginées par Roussel. Voici donc l’ouvrage portatif, en déplacement. En mouvement.
J.-F. L.
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