Au cours de deux tours du monde, l’un à l’ouest, l’autre à l’est, Jean Chanrion est un jeune boulanger pâtissier et cuisinier du Commandant de « la Jeanne », navire ambassadeur de la marine nationale.
A chaque escale, il adresse une lettre à ses parents. C’est la géographie vécue, le monde vu à travers des yeux neufs.
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Extrait
Beyrouth, 4/12/59
Bien Chers Parents,
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Parlons un peu de la traversée sans histoire cette fois-ci et combien reposante. Du beau temps continuellement, une mer d’huile, une vraie croisière d’agrément sans, bien tendu, ce travail. En mer, comme ça, chaque fois un petit peu, je prépare à peu près quelques pâtisseries, petits-fours, ça me fait plus de temps libre à l’escale. Quant aux copains, eh bien, il semble que c’est bien, on est une bonne équipe de cuistots, on s’entraide, on se donne la main et il y a une bonne entente. Le reste de l’équipage est naturellement en dehors de nous, mais ça va, on se fait des amis partout et des fois c’est utile pour les services. Dimanche, en mer, il y avait les festivités de sainte Barbe et saint Eloi, respectivement patrons des canonniers et des mécaniciens. Ce fut amusant et distrayant, course en sac, tir à la corde, etc… et beaucoup d’ingéniosité dans les déguisements de chaque équipe. Tout le monde y assistait dans la joie. J’ai reçu votre lettre le 1er jour, et j’ai l’histoire de Raymond Oliver, c’est pas mal ça.
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