Extrait
Dans le Chaco paraguayen, les Indiens Chulupi vivaient, dans les années 1930, au bord du fleuve Pilcomayo pour y pêcher. De l’autre côté de l’eau, un fortin argentin. Une nuit, un homme sort du fleuve, complètement trempé. Il s’avance près du feu, se réchauffe, puis annonce aux Indiens que, le lendemain, les soldats passeront le fleuve pour massacrer la tribu. Il leur fallait se réfugier dans la forêt. L’homme partit, retraversant le fleuve à la nage. Le lendemain, les guetteurs ont vu arriver les troupes. La tribu avait échappé au massacre. Cet inconnu qu’ils avaient pris pour un soldat à cause de ses vêtements, c’était lui. [L’ethnologue Alfred Métraux]
Sans bibliothèques, autour de leurs feux, les Chulupi racontent encore l’histoire de cet homme qui les a sauvés et dont ils ignorent le nom.
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Le hasard fait étonnamment les choses : dans Yucatán, l’auteur rencontre fortuitement l’ethnologue Alfred Métraux au Mexique, et sous l’impulsion du jeune écrivain, les voici partis à la découverte du temple de Bonampak et des Indiens Lacandons.
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Dans Yucatán, le voyage en compagnie de Métraux, spécialiste des sociétés et des cultures amérindiennes (« le type parfait de l’ethnologue » selon le sociologue et anthropologue français Roger Bastide) devient une expérience de découverte humaine et culturelle. À travers les paysages, les rencontres et l’observation des modes de vie des Lacandons, Hubert Comte s’intéresse à la manière dont une société entretient son rapport à la nature, à ses traditions et au monde extérieur. Il y transforme son expérience du Mexique et des Lacandons en une réflexion sensible sur l’altérité, la disparition progressive des mondes traditionnels et le rôle du voyageur lorsqu’il tente de comprendre une culture qui lui est étrangère.